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vendredi 31 mai 2013

Les dérives sectaires


Aujourd'hui nous en sommes là !
Les médecines douces sont polluées!
Dérives sectaires. On entend ce mot partout !

Et en effet, les "sectes" s'introduisent dans nos médecines parallèles !
Des kinésiologues qui incitent des parents à ne plus nourrir leurs enfants ! Oui!!
Je cite : "Le 3 juin, le tribunal correctionnel de Quimper (Finistère) a condamné un couple de parents pour avoir laissé mourir leur enfant de 16 mois de malnutrition. " (Le Parisien)

Et le code de la Mivilude (Mission interministérielles de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) met en garde contre beaucoup de pratiques, même reconnue ailleurs dans le monde.

Je cite, pour le Tui na (Pratique manuelle chinoise) :
"Il s’agit d’une branche de la médecine chinoise. Cette médecine est présentée par ses adeptes comme un moyen d’entretenir la santé et de prévenir les maladies. Elle permettrait aussi de soigner la plupart des problèmes de santé (ponctuels ou chroniques), dont les troubles cutanés, musculo-squelettiques, neurologiques, digestifs, respiratoires, génitaux, hormonaux, de même que certaines infections et certains problèmes émotifs.
Ces éléments de description interpellent d’eux-mêmes. En tant que telle,  cette pseudo médecine peut conduire des malades à des comportements d’adhésion irréductible entraînant une interruption de leur traitement ou celui de leur enfant, ce qui entraîne une perte de chance, juridiquement répréhensible. Le risque pourrait se caractériser notamment par une déstabilisation mentale, des coûts de prestation démesurés, des ruptures familiales et des atteintes à l’intégrité physique des patients.
Cette pratique, au-delà du risque de la mise en danger de certains malades, apparaît comme susceptible de donner lieu à la commission de nombreuses infractions, telle que l’exercice illégal de la kinésithérapie."

Hors le massage Tui Na trouve ses origines en Chine sous la dynastie Zhou (1060 avant JC). Partie intégrante de la médecine chinoise, le Tui Na signifie pousser (Tui) et saisir (Na).
Il a pour objectif de permettre une meilleure circulation des énergies et du sang. Les méridiens sont reliés à l'ensemble des organes du corps et assurent la régulation des énergies. Si les méridiens sont bloqués, cela crée des déséquilibres qui conduisent au stress, à la fatigue, et à la maladie. Les applications du Tui Na dépasse donc largement la simple détente et contribue à augmenter la longévité.
Cette pratique a plus de 3000 ans !


Ou le Reiki :
"Cette technique d’origine japonaise consiste à poser doucement les paumes des mains sur différents points du corps. La méditation fait le reste ! Le praticien initié à la technique est présenté comme un canal de l’énergie universelle qui sera transmise au patient pour rétablir la force vitale.
Le reiki est également préconisé par ses défenseurs dans la prise en charge des troubles psychologiques liés à l’enfance. Cette méthode si elle ne met pas toujours directement en danger l’enfant, induit néanmoins une perte de chances vis-à-vis de l’amélioration de son état de santé et des possibilités réelles et durables de guérison. »
Les origines du Reiki sont là :
  Il a été créé par Mikao Usui, japonais né le 15 Août 1865, professeur dans une université à Kyoto, il quitta son emploi pour consacrer de nombreuses années, aussi par un voyage aux Etats-Unis, à étudier les prodiges de guérison des grands Maîtres spirituels dans l'histoire de l'humanité.
Cette méthode a bientôt 150 ans.

Et ce sont dans ces méthodes, entres autres, que les sectes entrent en jeu.
Aujourd’hui, si nous avons le malheur, d'être en désaccord avec un médecin allopathique, si l’on parle de soin, de guérison, de thérapie, de karma et d'énergie interne, si l'on propose des séances gratos, si l'on promet une prise en charge global (physique, psychique...), alors nous serons considéré comme des praticiens à risque de dérive sectaire.

Pourquoi ?
Parce que ces sectes, s'insinuent réellement dans nos médecines ! Mais aussi dans les médecines conventionnelles! A cause de ces dérives, nous sommes tous traquées! La Mivilude demande même à interdire certaines pratiques !
Mais qu'en est-il des patients qui demandent à être en confiance, à être rassurés, et pris en charge ?
S'ils vont voir un médecin, celui les garde 5 minutes, et leur demande de prendre bon nombre  de médicaments. Mais sont remboursés.
Il m'est arrivé de voir un médecin, parce que je semblais avoir un gastro-entérite. Après avoir repeint ses toilettes, il ne m'a pas touché, pas ausculté, pas prit ni pouls, ni langue. Rien.
Un simple ordonnance : « riz, carotte, banane, spasfon et doliprane". Il se trouve que ce n'était pas une gastro, mais une indigestion. Imaginez les conséquences en cas d'intoxication!

Dans les médecines parallèles (que l'on devrait appeler complémentaire, car ne sont pas incompatible avec les traditionnelles), le patient reçoit encore un diagnostic sérieux, une prise en charge d'une demie heure au moins, 40 minutes en moyenne.
Petit à petit le monde se tourne vers ces médecines ; et la médecine allopathique perd en crédibilité.
Et parallèlement, les sectes s’insinuent dans les deux.  Comment être en confiance ? Comment ne pas avoir peur ? En tant que patients et en tant que praticien !!

Alors aujourd’hui, la question est simple : Comment réellement reconnaître un praticien efficace et sincère ?
Je ne crois pas qu’il y ai de réponse universelle.  Mais ne perdez pas confiance.
Si plusieurs personnes  croient en une harmonie possible entre toutes les médecines, c’est qu’il y a un espoir !
Et mon voyage en Asie, pour y apprendre leur art, est un premier combat pour défendre la reconnaissance et le sérieux de ces médecines !
Soutenez-moi : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/medecines-d-asie-echange



Natacha Bordes

jeudi 29 novembre 2012

La drogue, c'est mal!

Bonjour à tous! Voilà un nouvel article un peu spécial! Après avoir fait un débat sur notre page facebook sur le pour, le contre et les diverses avis concernant la dépénalisation et la légalisation du Cannabis, aujourd'hui, voici des témoignages sur diverses drogues... Marijuana, alcool, café, drogues durs, douces ou psychédéliques! A vous de choisir!


"Ce matin ! Je me décide enfin de rédiger un article (ou appelez-ça comme vous voudrez..), en tous cas un nombre sans nul doute important de mots découlant de la profondeur de l'âme du jeune apprenti écrivain et poète que je suis, suffisamment littéraire je l'espère, pour vous chers lecteurs de Culture en Vrac et notamment pour vos adorables yeux (que j'espère s'enticheront très vite de mes mots écrits en vrac et de mon style d'écriture si on puis considérer que j'en ai un..) que je salue aimablement. Très tôt, ce matin ! Mes yeux s'ouvrent à peine et mon haleine m'insupporte, me dégoûte, me répugne horriblement sachant que j'ai passé les cinq dernières heures à boire tout types de boissons alcoolisées confondues et à fumer jusqu'à en atteindre l'alzheimer, je ne me souviens bien heureusement ou malheureusement plus de rien. Mes yeux s'ouvrent lentement sur une vue imprenable et particulièrement excitante à un point tel, que je senti se redresser entre mes cuisses d'athlètes (je vous prie de bien vouloir arrêter de vous moquer de mes cuisses.. et tiens à vous prévenir que je cours tous les matin au cas où..) ce canon qui subitement reprit vie et sortit de sa torpeur, torpeur sans nul doute due aux effets secondaires, néfastes et presque irréversible de la marijuana.(Veuillez prendre en considération chers monsieurs, la phrase précédente, qui en d'autres mots un peu plus simplement signifie : Fumer de l'herbe peut momentanément provoqué des troubles érectiles. Merci de votre attention). Je me délecte de cette vue imprenable transfigurant ces heures banales noctumatinaux (voir signification dans mon autobiographie) en des instants fragiles ruisselant de beauté éphémère, de beauté insaisissable, de charme impromptu. Qui était donc, cette belle petite brune, à la peau pâle, aux seins pointus telles des obus dont la peau était agréablement douce, avachi dans ce lit qui m'était alors étranger tout autant que dans la chambre où nous nous trouvions elle et moi, ce qui explique d'ailleurs pourquoi, dans quelques minutes j'allais me retrouver au sol, le visage ensanglanté. Bref ! Il est tout juste trois heures du mat'. Je me réveille dans un lit que je ne connais pas, aux côtés d'un charmant être dont j'ignorais encore l'existence la veille et dont il me semble j'ai malencontreusement, oublier le prénom. Je la contemple. Beauté évaluée. Chevelure soyeux de couleur brune. Seins pointus. Magnifique jambes. Corps Sublime. Belle, sublime, merveilleuse.. je me comprends. Abasourdi, je sors du lit nu comme un ver, je me dirige dans l'obscurité me guidant de ma verge pointant exactement le Nord, m'indiquant ainsi où se trouvait la salle de bain. J'entendis alors la voix enfantine, à la fois douce et délicate du charmant être dont je viens tout juste de louer la beauté, une phrase de cela. (elle me dit à l'instant même, que j'ai intérêt..)
- Mon coeur, où vas-tu ? Reste, s'il te plaît. - Rendors-toi ma puce (ne me rappelant plus son prénom, elle était subitement devenu "ma puce"), j'arrive. Je vais prendre une douche. En général, après une bonne trentaines de minutes sous la douche, j'arrive à me rappeler de tout, même des détails les plus accablants dont j'aurais bien évidemment aimé pouvoir me débarrasser, un peu plus souvent. Comme d'habitude, après une bonne trentaine de minutes sous la douche, tout me revint et surtout le plus important ce magnifique prénom. (On y est! Je sais bien que vous vous hâtez de savoir comment j'ai fais pour me casser la gueule) En sortant de la salle de bain, toujours abasourdi et réfléchissant un peu trop, mes pieds se sont maladroitement pris dans ma boule de vêtements (piège que je me suis moi-même tendu en les voltigeant ici et là, sans doute en faisant l'amo...). BOUM BIM BAM !!Il est trois heures et demi du mat' et je suis à terre le visage ensanglanté. Mon arcade sourcilière droit s'est ouvert, d'où découle du sang.. ça a l'air grave mais je ne sens rien. J'essaie de me relever mais je n'y arrive malheureusement pas, c'était sans aucun doute l'épuisement du corps plus que la douleur de cette fichue blessure. Jean (comme Jean Seberg, actrice américaine) se réveilla subitement après avoir entendu le bruit de cette chute qui fut bien plus idiote que grave. - Jim! -Jim! s'écria-t-elle et ne voyant que je ne répondais pas puisqu'à ce moment-là, j'étais bien plus préoccupé à essayer de me relever que de répondre à ses angoisses, elle se leva du lit brusquement et mit la lumière ! - Oh mon dieu ! S'écria-t-elle une fois de plus, en mettant ses belles petites mains devant sa bouche grande ouverte avec les yeux empli d'effroi ! - Mon amour ! Tu saignes !
Elle s'est mise a genou et prit soin de moi comme si j'étais aussi fragile qu'un oiseau blessé. - Viens-là mon bébé ! Viens-là que je m'occupe de toi ! fit-elle en faisant une petite moue, ce qui la rendait encore plus mignonne. - Non ça va, ne t'en fais, ça vas aller. Je vais bien, lui répondis-je alors, ne voulant pas qu'elle s'occupe de moi, comme elle s'occuperait de son petit frère. Par égo, j'essayais tant bien que mal de refuser, mais elle s'usa de ma faiblesse me plaqua contre elle, mis ma tête sur ses deux jambes et s'occupa de moi bon gré mal gré. Nu, comme des vers, elle, assis le dos contre le bord du lit, moi la tête sur ses jambes et le reste du corps enfoui sous la serviette humide qui entourait ma taille, nous étions bien plus proche que nous ne l'avions jamais été. - Merci Jean, fis-je en me relevant, abasourdi en essayant de lui sourire, en vain. - De rien, mon coeur, c'est normal ! me répondit-elle, comme un peu fière d'avoir pris soin de moi."

Jim Curtis

"Les drogues…
Ça a commencé par la cigarette… genre au collège, tu y goutes comme les potes et tu y prends goût alors qu’au départ c’est dégueu, ça pue et ça fait mal à la gorge…
Tu passes de quelques clopes à un paquet, ni vu, ni connu…
Après se présente le joint, alors pourquoi pas… après tout je suis jeune et je veux profiter, découvrir… et puis les interdits chouette !
Puis s’ajoute l’alcool… super l’ivresse, je me sens bien, je délire et tout me semble facile… sauf que des fois, c’est trop… et je me retrouve dans des situations de merde… un abus sexuel, des dérapages, des bagarres, le caniveau :/
Mais c’est pas grave, c’est la jeunesse… l’insouciance…
C’est l’expérience !
Moi, le shit c’est pas mon truc… à l’occasion ok pour le fun mais sans plus… je n’aime pas larver sur mon canapé toute la journée, je préfère l’herbe, ça me fait rire J et l’alcool c’est plus cool, je fais la folle… alors j’en ai pris des cuites, j’ai vomi souvent et les mal de crânes j’ai connu… les lendemains où tu te dis : oh putain, j’ai déconné… aujourd’hui, je gère un peu mieux et dépasse rarement le stade de l’ivresse.
Bon jusque là rien d’anormal…
Je me rappelle d’une fois où chez des « hippies », on m’a servi un vin chaud. J’avais 18 ans. C’était en été mais les 30° ce n’était pas le pire ! Ce fameux vin chaud était au pavot ; ce que je croyais des nèfles ! Quelle ignorante… Je ne vous dis même pas l’effet… au retour, dans la voiture, je me croyais une boule dans un flipper… tout défilait, était déformé, en avant, en arrière, ma tête en pétait !!! Je précise que j’étais passagère of course…
Ensuite, vers la trentaine, outre les repas bien arrosés que je fais en famille, avec les amis, pour les fêtes, pour un oui, pour un non on s’en fout….
Je picole ! Mais voilà c’est culturel…
Je découvre l’électro et son monde… donc je continue la picole, ça c’est classique, le pétard bof j’y tiens pas, et pourquoi pas l’exta… faut pas mourir con… putain ça déchire !!! Genre tu bouges toute la nuit sur du son, tu te sens bien avec tout le monde, tout est peace… que du bonheur, c cool.
Bon la descente est dure, coup de blues, lassitude et puis là se réveillent les muscles mais ça reste le moins pire, juste que tu ressembles à robocop !
Et puis la coke et l’héro, bien sûr en snif surtout pas la piquouse !!!!
Mais bon c’est resté des essais, dans un contexte… mais quand même je me rappelle très bien de l’effet de l’héro… j’ai fait l’amour juste après avec mon conjoint et j’ai tellement pris mon pied que je nous ai fait pipi dessus… la honte, j’en ai été malade !!! Pour une première ce fut une dernière…
            Puis récemment, j’ai découvert la MD... j’aime bien l’effet de cette drogue, c’est comme l’exta sauf que la descente est moins « douloureuse » même si le lendemain reste rude avec le mal aux mâchoires et le réveil des muscles genre robocop encore !
J’ai l’impression de garder une certaine lucidité… j’ai conscience de tout ce que je fais sauf que je parle trop (si je commence), que c’est le monde des bisounours, que les gens ont une voix super bizarre et que je comprends pas toujours ce qu’ils me disent et que je mâche du chewing-gum toute la nuit sinon je sens mes mâchoires partir en vrille…
Et surtout je peux danser toute la nuit et le son est amplifié… jusque là tout va bien, je ne ressens pas de manque, je peux m’en passer… sauf que les soirées électros c’est mieux avec que sans:/ et là je commence à me méfier…
Aujourd’hui, tant que je le peux, je fais la fête. Bien sûr, j’ai eu des break dans ma vie où je me suis calmée… pendant les périodes couples lol.
J’ai eu la chance de ne jamais tomber dans l’addiction « quotidienne » parce qu’il ne faut pas se leurrer, je ne connais pas la fête sans alcool… j’aime l’ivresse, cette sensation où je lâche avec le quotidien, où je suis détendue et que tout me semble plus facile, je relativise, je rigole… d’ailleurs j’ai de grandes idées et de grands projets quand je suis pompette mais le lendemain je retrouve ma vie, mes contraintes et mon manque de courage…
J’ai quand même arrêté 4 ans la cigarette mais j’ai repris ya 2 ans, pour l’instant ça se limite au festif… pour l’instant…
Aujourd’hui je prends de temps en temps de la MD mais toujours quand je suis bien entourée et je fume de l’herbe en soirée entre amis.
Je picole toujours autant dans les soirées et des fois je me fais un apéro toute seule…
Bref… j’ai essayé, j’ai aimé ou pas mais j’ai eu l’énorme chance de ne pas tomber accro… de limiter mon alcoolisme aux soirées et de gérer plus ou moins la cigarette… pourquoi ? Comment ? Je ne sais pas… en tout cas, je reste quand même vigilante pour ne pas tomber dans la consommation quotidienne pour l’alcool et la cigarette…
Et je surveille de près mes enfants pour ne pas qu’ils tombent dans la dépendance… pour la cigarette c’est mort, pour l’alcool j’espère que non et pour le reste je leur donne le maximum d’infos, de conseils en espérant qu’ils auront la même chance que moi.
Tout ce que je peux dire aux jeunes qui essaient les drogues et qui font leur expérience, c’est ATTENTION au moment et au contexte pour éviter de tomber dans la dépendance, de s’assurer d’être bien entouré en cas de problème et ne pas se fournir n’importe où en privilégiant le cercle des connaissances. Car le principal danger de la drogue c’est la DÉPENDANCE et certains désastres liés à la mauvaise qualité.
PS : au moment où j'écris cet article, je finis la bouteille de côtes du Roussillon... l'apéro du vendredi pour bien finir la semaine et bien commencer le weekend!
Ne prenez pas forcément exemple sur moi !"
 Anonyme


dimanche 28 octobre 2012

Temoignage D’ Oleksandr Pomonynytsky, journaliste



Oleksandr est un ancien résident de la MDJ (Maison des journalistes). Il est Ukrainien et nous à conté le témoignage de son expérience. Sa carte d’identité fut l’Hymne de la Maison des Journalistes, « Notre passage par la maison ».

Voici donc le témoignage poignant de notre journaliste ukrainien. Par choix, j’ai gardé ses mots et sa façon de s’exprimer. Ils sont bien plus « vrais » que nos propres tournures de phrase…



Témoignage 
« J’ai cinquante ans et je suis journaliste depuis 1981. Je suis né lors de l’union soviétique à la capitale Kiev de l’Ukraine près du grand fleuve.
« J’ai fait mes études à l’université, j’ai fait des études de langues russes et ukrainiennes, notamment à Varsovie.  Puis j’ai d’abord été professeur de russe pendant trois an pour « rembourser » mes études.  J’ai alors fait un peu d’écriture, j’ai eu deux diplômes, de l’université et de journalisme du parti communisme puis je suis devenu reporter d’un journal socialiste, le Communistytchna prasta. Son nom veut dire « le travail gratuit ».
Pour ma carrière je devais faire partie du parti communiste, c’était un régime totalitaire.
On m’a dit : « si tu veux faire ton avenir et monter dans ta carrière, il faut vivre avec ce parti. »
C’est un système violent, il n’y a pas de liberté de presse, les journaux sont tous communistes, il n’existe pas d’autres partis. Et le système, n’aime pas que l’on dise la vérité, parce que, dire la vérité, c’est un peu être contre le gouvernement, c’est dangereux.
« Puis en 1991, l’union soviétique a été écrasée. L’Ukraine est devenue indépendante,  il y a eu un président.
L’état d’esprit est différent de la France, c’était toujours un parti communiste dû à l’ancien état soviétique. Et en étant un pays pauvre, le système économique a été écrasé. Donc l’Ukraine était le mélange d’un système socialiste et capitaliste « sauvage ».
C’est le pays de la corruption, si tu veux aller à  l’université, apprendre, travailler en entreprise, tu dois payer. C’est l’argent noir.
« En 1994, on m’a proposé d’être rédacteur en chef du journal « Delovoy Peleyast » alors que le système politique avait changé.  C’était juste par son nom une démocratie, et j’étais journaliste indépendant, mais c’est dangereux de vouloir écrire la vérité, ils n’apprécient pas. J’étais indépendant mais je devais avoir des idées socialistes.
« En 2000, le président Koutchma organisa l’assassinat des journalistes qui géraient un site contre les sales affaires du gouvernement. J’ai alors décidé d’enquêter sur l’équipe de journalisme où j’étais et j’ai découvert des dossiers secrets et sales…
J’ai voulu arrêter de travailler dans cette équipe d’assassins, et je préférais rester pauvre mais fier et droit dans mon esprit.
Ils ont accepté ma démission.
« C’est alors qu’un matin, quand je suis sorti de chez moi on m’a attaqué et battu à coup de barres de métal. J’ai été à l’hôpital pendant 6 mois, j’avais perdu la vue et du sang.  Quand je suis sorti, on m’a agressé dans la rue. Il y avait cinq bandits. Heureusement, j’avais le droit de porter le pistolet et j’ai touché le pied de l’un d’entre eux.
De suite on a porté l’affaire criminelle contre moi. On m’a envoyé sous examen psycho-thérapeutique, alcoolique… J’ai compris que le système était vraiment dangereux.
En 2002, on m’a incité à partir. Cela devenait trop risqué  car je connaissais les sales affaires du gouvernement. C’était pour cela aussi qu’ils m’avaient agressé et menacé.
« Je suis venu en France en juin, cinq mois avant l’élection présidentielle en Ukraine. J’ai écrit une lettre au président, mais là-bas, l’affaire criminelle était toujours montée contre moi, ils m’appellent le traître, je suis le traître et aujourd’hui encore, je suis passible de prison si je retourne dans mon pays. Mais j’aimerai bien pourtant… Je suis optimiste, avec le temps je pense que ça ira de mieux en mieux. » 

Natacha BORDES
Compte-rendu Interview

mercredi 17 octobre 2012

Médecin chef à la Santé



Véronique Vasseur, né en 1951 à Paris, deviendra médecin à la Santé dans une prison de Paris.
Dès le premier jour où elle est arrivée là-bas, elle commençait à écrire des notes sur les conditions de prisons, choquée de son aspect hygiénique, des hommes bafouées, des règles de vies non respectées, etc…
On lui conseille même de ne pas entrer dans les cellules des prisonniers s’ils souffrent, par peur qu’il y ait un problème. Plusieurs détenus mourront lors de son séjour dans cette prison, dû aux conditions de traitements, de prise en charge médical et de soutien psychologique manquant.
Auprès des détenus, elle apprendra à connaître leurs douleurs physiques et psychiques.  Alors qu’elle décide de prendre leur défense quant aux mesures d’hygiène et de santé dans un premier temps, elle va se retrouver face à l’administration pénitencière qui refusera, pour des raisons économiques, de la soutenir.
C’est avec le temps qu’elle décidera de suivre les conseils de son entourage, et publier ses notes. On y lira les plus sombres histoires des détenus et comme elle dit, jusqu’à « l’irracontable ».
Ce livre fera un effet boomerang. Certains de ses supérieurs, es premiers responsables, tenteront de la faire tomber, demandant à un des détenu de raconter des mensonges sur son compte afin de gagner une remise de peine. Fictive. La dupe sera reconnue.  Véronique Vasseur sera sauvée. Et finalement soutenue dans sa bataille.
On entre dans un univers totalement étranger à la vie quotidienne. Les prisonniers deviennent des numéros, des animaux, des hommes incapables et désocialisés, dorment sur des lits au sol, sont en surnombre dans une même cellule.  On apprend les liens entre les détenus, entre les surveillants, entre les deux. 
On est touché, ému et outré face à ses conditions.
Cependant, dans ce téléfilm, un seul point de vue est abordé : celui qui prend la défense de ces prisonniers. Depuis dix ans, les conditions d’emprisonnements ont changé. Si les choses ne vont plus aussi loin aujourd’hui, elles restent imparfaites. Mais ceci est un autre débat…
Natacha Bordes

lundi 15 octobre 2012

Terres inhumaines, un médecin face la torture



Pierre Dutertre est médecin avant tout. Il exerce d’abord en tant que médecin généraliste, de 1981 à 1995, dans la région de Douai. Ensuite, il se consacre à ce qui lui tient vraiment à cœur, les droits de l’homme. Il s’engage contre la peine de mort aux Etats-Unis, puis dans une association, l’AVRE, pour soigner les victimes de la torture. Il dirige aujourd’hui un centre qu’il a créé, « parcours d’exil », où il travaille en tant que psychothérapeute. IL vient d’écrire le livre : « Terres inhumaines, un médecin face à la torture »

« L’écriture de Terres inhumaines est une réponse à deux énervements qui l’irritent depuis les treize années que je travaille à la prise en soins des victimes de torture. J’ai écrit ce livre tout d’abord pour le grand public, pour faire prendre conscience au lecteur de ce qu’est la torture, cette réalité trop souvent tue, et dont l’évocation suscite très généralement une réaction de « stupeur », « d’hébétude », comme si l’on pouvait fuir… et nier son existence. Il me semblait par ailleurs important de témoigner de mon expérience auprès de ceux de mes confrères et collègues d’autres disciplines qui sont susceptibles de s’y intéresser… et de se mobiliser. Enfin, j’ai voulu adresser un message fort aux pouvoirs publics, leur dire que quelles que soient les mesures prises pour rendre plus difficile l’accès au droit d’asile et les conditions de vie en France des demandeurs d’asile, jamais ceux-ci ne renonceront à venir sur notre territoire. Il s’agit pour eux d’une question de survie…et même la misère la plus noire en France vaut mieux pour eux que la terreur et les souffrances qu’ils ont endurées (et risquent encore)dans leur pays d’origine. Ce qui m’a toujours marqué et continue de le faire, c’est l’extraordinaire potentialité des patients, ce sont les ressources inimaginables dans lesquelles ils ont puisé pour survivre, venir en France, et jusqu’à nous…après avoir été soumis à une machine aussi écrasante que la torture. Ce qui m’étonne encore aujourd’hui, c’est aussi la capacité de ces victimes, à accorder, malgré ce qu’ils ont enduré, de la confiance (aussi ténue soit-elle, dans les premiers temps) à ces inconnus que sont pour eux les intervenants de Parcours d’Exil. Au-delà de ces constats, les patients que je rencontre me démontrent chaque jour la chance que j’ai d’exercer le métier qui est le mien, l’honneur que j’ai de les rencontrer et de les connaître quelque peu. »
Pierre Dutertre

 Préfacé par Robert Badinter, le livre de Pierre  Dutertre se résume en quelques mots par le titre, c’est l’essence même de ce témoignage. La couverture blanche évoque la terreur, la douleur, vide de sens ou bien à l’ignorance que portent aujourd’hui nos sociétés à un problème omniprésent. Ce livre est donc un témoignage de l’auteur, dans lequel il confie ses sentiments et ses impressions mais aussi quelques histoires de certains de ses patients, rendus anonymes, bien entendu.
Avec la torture, jusqu’ici nous restions dans les généralités et l’abstraction. On entendait parler de la torture dans certains pays pauvres. Mais l’on n’en débattait pas. C’était un sujet qui demeurait et demeure encore tabou. Aujourd’hui grâce à la parole de nombreux suppliciés, le docteur Dutertre fait entrer le lecteur dans cet univers caché où le mal semble travailler à notre insu.
Le tortionnaire est dans la toute-puissance et la bonne conscience. Il agit avec l’appui de l’autorité et se présente comme le représentant de la loi, une loi qui bafoue ses propres bases, en légalisant implicitement et même explicitement la torture.
La torture… des tortionnaires militants ou des exécutants dévoués… « Dans d’autres pays, un pneu est déposé autour du coup de la victime et parfois plusieurs autres viennent entourer son corps. Un tortionnaire y met le feu et le supplicié, hurlant à la mort, essaie vainement de se dégager. Horrifiés ou parfois exaltés, les passants assistent, malgré eux, à une pièce de théâtre improvisée et morbide, les uns s’identifiant à la victime, les autres se plaçant du côté du tortionnaire.
Un jeune homme, encore enfant, raconte l’odieux spectacle auquel il a assisté. Des tortionnaires croisent une femme enceinte et s’enquièrent du sexe de l’enfant à naître. Elle est incapable de répondre.  Alorsils lui assurent qu’ils peuvent l’aider bien qu’ils n’aient pas d’échographie et, là-dessus, ils lui ouvrent le ventre, à grands coups de machette…
Le comble de la perversité, dans cette confusion de responsabilités, consiste à torturer en ne faisant rien. Une femme à été arrêtée en même temps que trois autres. Les trois ont été violées, mais elle a été épargnée ; les tortionnaires lui ont dit qu’elle était trop moche. Comment pourrait-elle attirer un homme puisque les violeurs eux même l’ont dédaignée ? Sa vie est un tourment. Bien plus, à l’audience de l’OFPRA, pour obtenir le statut de réfugié, elle répond  « non » lorsqu’on lui demande si elle à été torturée ? Elle donnera la même réponse à la commission des recours, se condamnant elle-même au refus du statut… »
La torture… gangrène des démocraties et torture autorisée implicitement par le gouvernement… Une parole sans sujet. Dans certains cas, l’autorité cherche le renseignement qui devrait sauver de multiples vies et préserver la « bonne santé de la communauté ». Mais en extorquant l’aveu désiré, elle prive la parole du  sujet qui devrait  la porter et invalide son authenticité. Le plus souvent, la parole dénonciatrice viendra de ceux qui désertent volontairement leur camp,  pour des raisons bonnes ou mauvaises qui leur appartiennent…
« Sept femmes furent arrêtées et furent mises en détention. Un jour, un choix épouvantable leur fut proposé : « Ou on vous viole ou on vous tue » deux refusèrent la première alternative et furent immédiatement assassinées. Les autres furent violées et eurent la vie sauve. Les militaires avaient mis la patiente devant un choix impossible : la mort physique ou psychique ; à sa sortie de prison, elle ne put rejeter le viol sur le violeur puisqu’elle était à son avis « consentante ». Il faudra l’appui du psychothérapeute pour lui ouvrir les yeux… (Cette exemple situe une période de la guerre où étaient recrutés des enfants soldats, représentants l’innocence et donc déroutant ennemi)… »
Cet ouvrage nous révèle l’envers du décor : au nom de la loi, dans toutes les parties du monde, sous les régimes tyranniques où règne la terreur comme dans les démocraties elles-mêmes, tout près de chez vous et dans les territoires lointains, des êtres humains sont en train de détruire l’altérité de l’autre pour extorquer la parole qu’ils veulent entendre mais aussi qu’ils veulent taire !
La torture finit par s’attaquer à la beauté. C’est là qu’elle révèle avec le plus de force la perversité de toute sa puissance. Elle s’attaque aux racines de l’être, à l’image elle-même, à tel point que la femme ou l’homme finissent par avoir un profond dégoût pour eux-mêmes… Dans cet univers, la torture pousse la cruauté jusqu’à détruire la filiation à l’intérieur de la famille et la communauté. Il faut, à tout prix, détruire l’espace, qui répartit les places inaliénables de chacun, en apposant le distance entre les générations et entre les filles et les fils de la même fratrie…
Nos interlocuteurs n’ont pas toujours envie d’entendre parler de la torture. Lorsque le sujet entre dans la conversation, il se peut qu’il y ait un grand blanc, un changement de sujet ou au mieux une discussion très succincte et survolée. La torture fait peur parce que, de plus en plus souvent, elle est pratiquée par des gens d’ici et là, des gens de tous les jours. Et c’est contre ce sujet tabou que le docteur Dutertre se bat et sur lequel il nous fait part de son métier.
Un médecin face à la torture… Le docteur Dutertre s’est donné pour mission de soigner ceux dont les souffrances sont le fruit de tortionnaires à l’écoute d’un régime totalitaire, d’un Etat en guerre civile ou autre… Les tortures se pratiquent là où l’autorité est une dictature. Ils reçoivent en leur centre de soins 800 personnes par an. La moyenne d’âge est de 25-30ans. Des ressortissants de 46 pays alors que 150pays sur 198 pratiquent la torture. 80ù de leurs patents sont africains, les autres viennent d’Europe et de l’ex URSS, d’Asie, du Maghreb, des Amériques et du Proche-Orient.  Tous torturés dans des commissariats, des casernes, des prisons ou même chez eux. Quand ils se réfugient en France, ils viennent au centre de soins grâce au bouche à oreille, par le biais de centre d’accueil où sont envoyés par l’Ofra (Office français de protection des réfugiés et apatrides.) IL n’y a pas 10ù d’entre eux qui ont des papiers en règle.
Mais que deviennent ces victimes ? Que leur arrive-t-il une fois confrontés à la vraie vie ? Comment vivent-ils leur trauma ? Ces questions ont bien évidemment plusieurs réponses. Certains, la plupart dans ce livre, peuvent avoir des réactions violentes et incontrôlées face à une scène similaire ou une parole identique à leur vie sous la torture. Réactions violentes  qui se manifestent soit par la parole simplement mais également par des coups et blessures. Stimulation de l’auto-défense.
Un métier dur, réaliste et combien précieux et honorable… « il faut évoquer l’indescriptible ». En effet, c’était un moyen pour lui de montrer l’horreur présente dans beaucoup de pays. Chaque jour il écoute avec soin et sensibilité les témoignages ô combien cauchemardesques de réfugiés.
Plus qu’un témoignage, Terres inhumaines est un ressentiment de plusieurs vies torturées dans le monde d’aujourd’hui que le Docteur Dutertre nous raconte. Ce livre est captivant dans la curiosité qu’il apporte mais aussi dans l’ébahissement. Car comment ne pas ressortir choqué d’histoires de torture, de tortionnaires, de gouvernements voisins totalitaires ? Si l’on est sensible, qu’on a l’imagination et que l’on peut voir, sentir, comprendre à la sensation près ce que l’on lit… Ce livre est à la fois une source de vérité qui hanteront vos nuits. La visée de ce témoignage est de faire prendre conscience de ce qu’est la torture, cette réalité trop souvent tue, et sont l’évocation suscite très généralement une réaction de stupeur.
Compte-rendu lecture
Terres inhumaines, un médecin face à la torture.
(Pierre Dutertre, JC Lattès – 2007)
Natacha Bordes