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jeudi 10 janvier 2013

"La forêt des mânes" Jean-Christophe Grangé


« La Forêt des Mânes » est un roman écrit par Jean-Christophe Grangé et publié aux éditions Albin Michel en septembre 2009. La couverture nous montre une forêt où l'on peut apercevoir au centre l'ombre de ce qui semble être un visage sur un fond rouge et noir qui peut rappeler le style thriller par le côté glauque, sombre et apeurant.
Jean-Chistophe Grangé est un journaliste, écrivain, reporter et scénariste né en 1961. Il signe avec « La Forêt des Mânes » son huitième roman. Il est notamment reconnu pour son livre par la suite adapté au cinéma « Les rivières pourpres ».
L'action prend place à notre époque, tout d'abord à Paris puis dans la seconde moitié le roman nous amène du côté du Nicaragua, du Guatemala et enfin en Argentine.
Nous rencontrons le personnage de Jeanne Korowa, juge d'instruction tourmentée par son passé et le meurtre de sa sœur ainsi que sa rupture amoureuse. Elle va vite être confrontée à un tueur cannibale sévissant à Paris. Parallèlement à cela, celle-ci va, au-delà des lois, faire mettre du matériel d'écoute dans le bureau du psychiatre Antoine Féraud, qui était le psychiatre de l’ancien compagnon de Jeanne. A la suite de la mort du policier et ami de Jeanne, François Taine, elle est dé-saisie de l'affaire dû à ses nombreuses fautes. Mais Jeanne à découvert une écoute du bureau du psychiatre qui lui révèle qui est le tueur. Elle décide alors de suivre le psychiatre parti au Nicaragua et de poursuivre seule l'enquête sur la trace d'un coupable qui pourrait bien révéler l'existence d'un peuple de pré-cromagnon qui vivrait dans une forêt d'Argentine.
Après la lecture du « Passager » du même auteur, j'étais impatient d'attaquer une deuxième œuvre. Et je n'ai pas été déçu. Le livre est un thriller haletant, sombre et terrifiant. Le style d'écriture de Jean-Christophe Grange est accessible, malgré que le tout soit très documenté. En effet, on en apprend beaucoup sur ce qui c'est passé en Amérique centrale et du sud dans les années 1980. L'auteur semble manier à la perfection ces détails historiques qui sont au final très intéressants.
L'histoire est prenante et on s'attache rapidement à Jeanne qui est un personnage terriblement réaliste de notre époque. Le twist final m'a totalement surpris encore une fois, le dénouement étant à nouveau un petit peu brutal, ce qui pourrait être mon seul petit défaut comme pour « Le Passager ». Au final je ne peux que vous conseiller ce roman si vous aimez les thrillers captivants et noirs.
Bastien Tamisier
8,5/10

dimanche 4 novembre 2012

Jim Curtis, écrivain, poète. Découverte d'un nouveau talent!



Autobiographie de Jim Curtis, jeune écrivain.

« Né le 6 mai 1996 par conséquent âgé de 16 ans, je suis un jeune apprenti écrivain qui passe la majeure partie de son temps à écrire des nouvelles et à faire de la poésie alors que je ne devrais même pas. La majeure partie de mon temps aurait dût me servir à travailler mes mathématiques, ma chimie et ma physique, sachant que je suis étudiant en filière scientifique. Cependant, je ne puis changer quoi que ce soit à ce mode de vie sans nul doute effrénée étant moi-même un fidèle adepte des pratiques les unes plus luxuriantes que les autres, de la vie et comme je le dis souvent On ne choisit pas l'art, c'est l'art qui vous choisit. Comment pourrai-je, moi, un simple mortel parmi tant d'autres ignorer son appel, elle, divine Mère de tous ces dieux ou demi-dieux qui ont fait de leurs vies mêmes des chefs-d’œuvre ? Je vous parle bien évidemment des grands hommes de ce monde, des artistes qui ne vivaient seulement et que pour leurs arts, une idée précise et entièrement intrinsèque. Ma littérarité (si on peut considérer mes textes suffisamment littéraire pour employer ce mot...) se nourrit de multiples influences, vous l'avez deviné, je suis alcoolique, drogué et satyrique (constamment en manque de sexe !) par conséquent cherche l'inspiration dans l'acte sexuel, l'alcool, la drogue et toutes autres substances illicites suffisamment abracadabrantesques capables de me faire planer comme planent les grands aigles, exprimant d'un cri rauque la liberté d'être libre. Je vis sur une île et comme tous ceux qui ont l'immense opportunité d'habiter quelques mètres seulement de la plage, je vais courir très tôt (soit à quatre heures) tous les matins pour éliminer de mon métabolisme toutes substances indésirables pour une bonne santé et une espérance de vie suffisamment longue pour vivre une vie rigoureusement folle et aventureuse. Mais puisque mes courses noctu-matinales (mot instantanément inventé pour décrire cette prodigieuse transition de la nuit au matin pour vos adorables yeux) n'as rien à voir avec ma littérarité, je vous prie de parler d'autre chose (jouez le jeu et faites comme si nous étions gentiment en train d'entretenir une conversation bien que je sais que de l'autre côté, vous avez vos adorables yeux rivés sur votre écran lisant silencieusement ce qui vas suivre..) quoi que l'activité m'est très inspirante. Je ne connais rien de plus inspirant que de courir sur une plage pratiquement déserte à une heure noctumatinale (sans le trait d'union, c'est beaucoup plus crédible, n'est-ce pas ?) en contemplant la disparition à la fois lente et délicate des étoiles dans la pénombre d'un nouveau jour. Comme vous semblez l'avoir deviné la Nature me passionne, elle me passionne à un point tel que je suis réceptif aux grands arbres, ils me parlent et je les entends. Les arbres me parlent et je leurs réponds ou vice versa, cela dépend bien évidemment des circonstances. Que dire d'autre de ma petite personne à l'égocentrisme démesuré qui aime tant qu'on parle d'elle ? Hum… que j'ai de grosses couilles dans le slip ? Non mais voyons ce n'est qu'une petite touche d'humour ! (d'autant plus que je ne sais même pas pourquoi j'ai écrit cela car je ne porte pas de slip mais que des boxeurs de chez Calvin Klein..) Ensuite cela ne vous regarde strictement pas ce que j'ai dans le slip et encore moins le genre de sous-vêtements que je porte, en revanche ce qui pourrait vous intéresser ce sont mes textes que vous allez dans les jours à venir souvent trouver ici et là (c'est-à-dire sur ce magnifique site qu'est Culture en Vrac) traitant de divers sujets (l'actualité, la littérature, le cinéma etc..) mais plus particulièrement la littérature et la cinématographie c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis de l'autre côté en train de vous conter de ma vie trépidante et de ma personne quelque peu indéfinissable.. tant elle est compliquée dans son ensemble, c'est la raison pour laquelle je vais terminer ici cette tentative de rédaction autobiographique que j'espère vous aurez servi à mieux me connaître et éviter de tomber sur l'un de mes textes sans avoir été averti de ma fureur de vivre qui semble se déteindre de manière assez vive sur mon écriture. »                                                                                                                         Jim Curtis 

Chagrin d'amour. (extrait)
de Jim Curtis
« Quand j'y repense, parfois, je me dis que c'était une mauvaise idée mais nous n'avions plus vraiment le choix et il fallait absolument que l'on prenne une décision, le plus vite possible. Il n'y a rien à faire quand on ne s'aime plus, tout est perdu. On peut si l'on veut, ressasser le passé, essayer de comprendre quand, comment et pourquoi on as commencé à se désaimer ou parfois dans l'incompréhension de nos états d'âme se résoudre avec une ferme détermination de trouver des réponses en se lançant dans l'exploration ultime, l'aventure inconsciente, se plonger au plus profond de soi durant des heures incessamment et finalement obtenir quelques révélations qu'on écrirait peut-être , dans un roman qu'on publierait peut-être. Je me demande pourquoi l'écriture... je n'ai pas encore la réponse, jusqu'ici. Comme si l'écriture pouvait tout résoudre, comme si l'écriture pouvait guérir des maux aussi douloureux que de ne pas pouvoir aimer vraiment, de ne pas pouvoir aimer toujours. Comme si l'écriture relierait l'être aimé à nous, une fois encore. Quand c'est fini, on ne peut que se laisser submerger par le vide des sentiments d'autrefois et dans ces moments-là, les larmes coulent toutes seules comme d'un naturel nostalgie d'après l'amour.
Je me souviens encore de nos têtes de cons dans ce petit café morbide où nous nous sommes donné rendez-vous, pour la dernière fois. A la fin d'une relation amoureuse, être glamour ne sert plus à rien, seul compte le fait de pouvoir se débarrasser de l'autre dans l'immédiat. C'est juste dégueulasse mais c'est comme ça, nous ne sommes que des humains, après tout.
« - Ni toi, ni moi ne mérite de vivre un tel échec.
- Je suis du même avis que toi.
- Nous ne nous aimons plus. Du moins plus autant qu'avant.
Il faut que ça s'arrête et vite.
- Oui, il faut que nous prenions une décision maintenant. »
               Je me souviendrai toujours du matin où nous prîmes, finalement, la décision de mettre un terme à notre relation. C'était un lundi matin comme les autres, il me semble, il n'y avait rien de particulier sauf que je venais de me perdre pour toujours. C'est comme cela, que je nous ai tués un matin d'automne, c'est comme cela que je me suis séparé d'une partie de moi, la meilleure sans nul doute. C'est comme cela que je me suis débarrassé de ton joli petit minois, ma puce. Comment ai-je fait pour en arriver là ? Qu'est-ce qui n'as pas marché, au fond ? Est-ce que tu as la réponse, mon cœur ? Il n'y avait sans aucun doute plus rien à faire, ni pour elle ni pour moi, alors comment aurai-je pu espérer que ce " nous " auquel on aspirait, autrefois, puisse perdurer ? Nous nous sommes séparés comme cela, de façon contractuelle, c'était plus simple. Comme s'il s'agissait d'acheter ou de ventre une maison. L'amour est loin d'être comme les affaires, ce n'est pas aussi facile. En amour on perd toujours, même quand la personne est à quelques centimètres de vous, on se sent loin et démunis en pensant qu'un jour, elle ne sera plus là et qu'au bout de la vie, il y a certainement la mort. Et puis, de toute façon nous nous serions séparés que nous le voulons ou pas. Je pense tout de même que nous n'aurions pas dût prendre une décision, on aurait pu se laisser aller tout doucement chacun de son côté, tous simplement, mais il fallait bien évidemment que les choses soient claires, autrement, ça aurait été compliqué. La seule différence entre commencer et finir une relation amoureuse, c'est qu'au tout début on commence par s'aimer un tout petit peu pour finir par s'aimer beaucoup et à la fin, on commence à s'aimer de moins en moins, petit à petit, parce qu'on s'aime beaucoup trop. Au tout début on se lâche, nul besoin de prendre quelque décision, on se laisse porter par l'amour de l'autre et on apporte de l'amour à l'autre. Quoi demander de mieux ? Au début comme à la fin, l'amour ne nous laisse nullement le temps, il repart comme il est venu sans qu'on ait le temps de s'en apercevoir et ahuri, on découvre parfois un grand vide au fond de soi suscitant de la colère dû à une entière incompréhension vis-à-vis du fameux état de non-amour. C'est le désamour. Les désamoureux, ne comprenant pas ce qui leurs arrivent s'en veulent, mutuellement. Désormais, les douleurs et les solitudes des désamoureux ne se rencontrent plus, le pont magique s'est effondré avec le temps. Le temps était maintenant venu de tourner la page, d'aller de l'avant et de ne plus regarder en arrière, que pouvaient-ils bien faire ? Sinon, pour une dernière fois échanger un regard vrai, avec un brin de sourire aux lèvres, en se touchant humblement le bout des doigts autour de leurs tasses de cafés. »

Inspiré d’une réelle rupture, Jim Curtis par cet extrait de nouvelles, nous narre le fil de ses pensées et sentiments. Malgré ce grain de folie que l’on retrouve dans les écrivains, et artistes délurés, Ce jeune auteur talentueux est un passionné romantique !
Dans « Chagrin d’amour », on se mêle entre les tourments d’une séparation. Ici naît en nous un sentiment de fatalité à la fois triste et réelle. Mais également en opposition une analyse d’un amour trop fabriqué. Ici, l’amour, c’est comme ça. Et on ne peut rien faire car notre cerveau conditionne ces changements en nous. Et quand ils sont faits, l’amour n’est plus là. Et c’est ainsi.
Partagés entre le regret, la nostalgie et l’incompréhension de cet amour, l’ancien couple affronte cette fatalité face au café. Le café, moment de passage entre une étape et la suivante, moment de pause, temps où l’on médite sur ce que l’on doit faire tout en l’alliant à une agréable saveur, un peu amer, forte, décisive.
Bref, cette œuvre nous amène dans les profondeurs de notre mental et subconscient, où toutes les connexions de la vie et de sa découverte  se façonnent. Et Jim sait mettre des mots sur ces sensations troublantes !
Natacha Bordes

A la lueur du jour. (Poème)
de Jim .
« Les jours moroses,
Inspirent la prose de l'écrivain,
Comme le parfum de la rose,
S'impose chaque matin.

A la lueur du jour,
Apparaissent fraîches rosées,
Sur d'épaisses vitres, de sa cabane délabrée,
Et, sur les roses du jardin.

Comme dans la prose de l'écrivain,
Naissent instantanément de l'instinct,
Quelques mots justes, ruisselants de puretés,
Tissés silencieusement dans l'ombre du jour.

Rigoureusement à la main,
Las et fatigué de l'écrivain,
Qui, hier s'est décidé de s'inspirer,
Du transition phénoménale, de la nuit jusqu'au matin. »

Le poète trouverait ses marques dans la nuit. La nuit, c’est le moment de la journée où le monde nous appartient. Et que demander de plus pour un artiste que d’écouter le monde, qui tout à lui, lui confie ses secrets, ses mots, ses vies ! De la pluie à la lueur du matin dans sa poésie, et de la mélancolie à l’inspiration, l’auteur partage son chemin de senteurs, de couleurs jusqu’à sa révélation. On en attendrait davantage !
Natacha Bordes

mardi 23 octobre 2012

Le passager de Jean-Christophe GRANGE

« Le passager » est un roman de Jean-Chistophe Grangé paru en septembre 2011 aux éditions Albin Michel. Sur la couverture on y voit un labyrinthe rouge sur fond noir qui nous rappelle le long parcours de notre personnage central pour retrouver son identité dont je vous parlerai dans quelques lignes.

Jean-Chistophe Grangé est un journaliste, écrivain, reporter et scénariste né en 1961. Il signe avec « Le passager » son neuvième roman. Il est notamment reconnu pour son livre par la suite adapté au cinéma « Les rivières pourpres ».

Le roman prends place à notre époque, et va nous faire traverser la France notamment les villes de Bordeaux, Marseille et Paris.

On est ici plongé dans un thriller sombre, où le suspens est maintenu de page en page. L'univers du récit est est donc très dur, le livre n'est pas à mettre dans les mains des plus jeunes. La psychologie des personnages est-elle aussi plutôt torturée, entre le psychiatre solitaire et la flic grande gueule et livrée à elle-même.

Le livre commence avec Mathias Freire, psychiatre, qui voit arriver un homme amnésique retrouver non loin d'une scène de meurtre sordide (un homme est retrouvé dans une fosse de chemin de fer, une tête de taureau enfoncée sur sa propre tête). Il va rapidement comprendre que l'homme est atteint de fuite psychique, oubliant les personnalités précédentes qu'il a traversé. Très vite le psychiatre se rend compte que lui aussi est peut-être victime des mêmes troubles. L'enquête avance et tout mène à penser que le coupable est un certain Victor Janusz, un SDF connu des services de police. Mathias va alors se rendre compte que c'est lui même qui a eu ce passé. Il va alors fuir à la recherche de ses racines et remonter ses différentes personnalités, persuadé de ne pas être le tueur.

Ce thriller est pour moi une grosse réussite grâce à un rythme effréné, une intrigue qui rebondit terriblement bien jusqu'au dénouement. Le personnage de Mathias est attachant dès le départ, ce psychiatre un peu perdu mais voulant aider l'homme retrouvé. Il va alors se jeter dans cette course poursuite contre lui-même pour se prouver qu'il n'est pas un tueur. Et comment ne pas s'attacher à Anaïs Chatelet, capitaine de police à Bordeaux, au passé trouble, tout en révolte. L'aspect mythologique des meurtres est aussi un thème très intéressante même lorsque l'on y connaît pas grand-chose. Le livre est découpé un peu à la manière d'une série télévisée à l'aide des grands chapitres. Le seul petit point négatif que je reprocherais à ce thriller est l'intrigue qui trouve toutes les réponses précipitamment à la fin, mais cela n'enlève en aucun cas le travail d'orfèvre que Jean-Christophe Grangé a réalisé.

9/10
Bastien Tamisier

Bilbo le Hobbit



Nous voici dans le prélude du Seigneur des anneaux, suivant l’oncle de Frodon, Bilbo (Bilbon en français) dans son aventure aux côtés de nains plus farouches les uns que les autres.  C’est un petit roman de moins de 400pages qui retrouve le monde de la Terre du Milieu, de certains de nos personnages favoris et nos peuples bien aimés !

 Alors que notre héros incarne le Hobbit le plus casanier de la Compté, Gandalf accompagné de treize nains vont l’embarquer dans une quête au trésor volé par Smaug le méchant dragon de la Montagne Solitaire !

John Ronald Reuel Tolkien, écrivain, poète, philologue, professeur d’anglais en université, bref, un mec cultivé qui a bousculé la littérature fantastique du 20ème siècle, connu principalement pour sa trilogie du Seigneur Des Anneaux, Bilbo et Beowulf.

Alors, pour situer un peu le contexte de « Bilbo le Hobbit », JRR Tolkien nous emmène dans un monde médiéval fantastique empli de dragons, de gobelins, d’animaux magiques, de magiciens, d’elfes, nains et autres créatures épiques !

Alors qu’on connait Tolkien pour ces longues descriptions, une écriture détaillée, des mondes construits dans les moindres petits brins d’herbe, « Bilbo le Hobbit » se lit plus facilement et rapidement. Il est à la portée de tous, car écrit pour les enfants. On y trouve de l’humour, du sarcasme, des passages sombres, des batailles, des aventures du dessous jusqu’aux sommets des  terres, des personnages attachants etc…

De plus, le fait de connaitre le monde de la Terre du Milieu par les films du « Seigneur des Anneaux » réalisés par Peter Jackson (pour ceux qui n’ont pas pu lire les livres !), l’utilité des détails devient donc secondaire. On connait l’univers, on l’aime déjà et on vit avec !
Bref, bien qu’on soit dans l’attente de plus d’aventure, on se livre dans l’aventure avec nos héros attachants, je conseille ce roman à tous les amateurs de fantasy!

En attendant le film qui sort le 13 décembre 2012 !

8.5/10
Natacha Bordes

mercredi 17 octobre 2012

"Comme ton ombre" de Elizabeth Haynes



« Comme ton ombre » d’ Elizabeth Haynes est un thriller, sorti en 2011.
La couverture du livre présente une vieille porte blanche constituée de trois verrous, tous ouverts. L’histoire nous raconte en effet la vie d’une même femme en 2003 et en 2007 ; Celle-ci étant en 2007 totalement paranoïaque et pleine de TOC qui lui font entre autre, vérifier plusieurs fois de suite si sa serrure est bien fermée.
Elizabeth Haynes est née au Royaume-Uni et a grandi à Seaford. Après avoir étudié l’anglais et l’histoire de l’art à l’université de Leicester, elle devient analyste criminelle pour la police criminelle britannique.
« Comme ton ombre » est son premier roman.

L’histoire se déroule en deux parties. A tour de rôle nous suivons une même femme dans l’année 2003 et l’année 2007, dans différentes villes de Grande Bretagne. Alors que dans les deux cas de point de vue, la narration se fait à la première personne, on ne peut que se retrouver dans la peau du personnage principal. A ses côté, il y aura Lee, son amant en 2003. Et Stuart, son voisin en 2007. Ses amies de l’époque seront présentes également.
           
Le monde dans lequel vit Catherine, le personnage principal, est dans le passé, un univers de fête et de jeunesse. Cathy à confiance en elle, elle sort, drague et plus rien ne l’arrête. Elle rencontre un beau jeune homme. Bref, elle est au mieux de sa forme !
Paradoxalement, le deuxième monde, en 2007, est une opposition au premier. Comme si ce ne pouvait être le même personnage. Et pourtant ! On retrouve une Cathy apeurée, terrorisée, renfermée. Elle ne côtoie personne à part un peu sa collègue de boulot. Vérifiant sans cesse les serrures, les rideaux, les objets de tout son appartement avant de partir, en étant partie, et en rentrant chez elle. Notre personnage est devenu paranoïaque.
Ces deux mondes ne se rejoindront qu’à la fin du roman, où petit à petit nous comprendrons comment la première Cathy est devenue celle si névrosée.
L’on confronte alors une marche vers un bonheur (couple, amour, boulot, sorties, amis) à une descente aux enfers. On associe sans se rendre compte, en tant que lecteur, les plus beaux moments de jeunesse, aux peurs de leur destruction.

Catherine vit dans un monde parfait, emplit d’amitié, de boisson, de jeunesse et de folie, de batifolage, jusqu’à ce qu’elle rencontre Lee, le videur d’une des boites qu’elle et ses amies fréquentent souvent. Alors qu’elle s’engage dans une relation passionnel avec lui, il se révèle possessif, et envahissant pour notre héroïne.
Parallèlement, on retrouve notre même Cathy, renfermée, et emplie de troubles obsessionnels compulsifs. Durant tout le roman, l’intrigue se portera sur ce qui a ruiné ainsi la vie de  ce personnage si fringuant auparavant.

En changeant d’univers et de dates à chaque chapitre, le suspens devient de plus en plus prenant. Le personnage prend possession de nous à chaque page, on suit ses mouvements en même temps qu’elle et le doute s’insère en nous. En tant que femme, lorsqu’on lit ce livre, on est d’autant plus touchée. En effet, l’auteur a su narrer les plus grandes peurs en tant que femme et en faire un thriller des plus terrifiants ! Les traumas de notre héroïne atteignent nos propres verrous intérieurs qui s’ouvriront au rythme où Cathy tentera de refermer les siens…  
C’est un véritable Thriller Obsessionnel Compulsif !
Natacha Bordes

lundi 15 octobre 2012

Terres inhumaines, un médecin face la torture



Pierre Dutertre est médecin avant tout. Il exerce d’abord en tant que médecin généraliste, de 1981 à 1995, dans la région de Douai. Ensuite, il se consacre à ce qui lui tient vraiment à cœur, les droits de l’homme. Il s’engage contre la peine de mort aux Etats-Unis, puis dans une association, l’AVRE, pour soigner les victimes de la torture. Il dirige aujourd’hui un centre qu’il a créé, « parcours d’exil », où il travaille en tant que psychothérapeute. IL vient d’écrire le livre : « Terres inhumaines, un médecin face à la torture »

« L’écriture de Terres inhumaines est une réponse à deux énervements qui l’irritent depuis les treize années que je travaille à la prise en soins des victimes de torture. J’ai écrit ce livre tout d’abord pour le grand public, pour faire prendre conscience au lecteur de ce qu’est la torture, cette réalité trop souvent tue, et dont l’évocation suscite très généralement une réaction de « stupeur », « d’hébétude », comme si l’on pouvait fuir… et nier son existence. Il me semblait par ailleurs important de témoigner de mon expérience auprès de ceux de mes confrères et collègues d’autres disciplines qui sont susceptibles de s’y intéresser… et de se mobiliser. Enfin, j’ai voulu adresser un message fort aux pouvoirs publics, leur dire que quelles que soient les mesures prises pour rendre plus difficile l’accès au droit d’asile et les conditions de vie en France des demandeurs d’asile, jamais ceux-ci ne renonceront à venir sur notre territoire. Il s’agit pour eux d’une question de survie…et même la misère la plus noire en France vaut mieux pour eux que la terreur et les souffrances qu’ils ont endurées (et risquent encore)dans leur pays d’origine. Ce qui m’a toujours marqué et continue de le faire, c’est l’extraordinaire potentialité des patients, ce sont les ressources inimaginables dans lesquelles ils ont puisé pour survivre, venir en France, et jusqu’à nous…après avoir été soumis à une machine aussi écrasante que la torture. Ce qui m’étonne encore aujourd’hui, c’est aussi la capacité de ces victimes, à accorder, malgré ce qu’ils ont enduré, de la confiance (aussi ténue soit-elle, dans les premiers temps) à ces inconnus que sont pour eux les intervenants de Parcours d’Exil. Au-delà de ces constats, les patients que je rencontre me démontrent chaque jour la chance que j’ai d’exercer le métier qui est le mien, l’honneur que j’ai de les rencontrer et de les connaître quelque peu. »
Pierre Dutertre

 Préfacé par Robert Badinter, le livre de Pierre  Dutertre se résume en quelques mots par le titre, c’est l’essence même de ce témoignage. La couverture blanche évoque la terreur, la douleur, vide de sens ou bien à l’ignorance que portent aujourd’hui nos sociétés à un problème omniprésent. Ce livre est donc un témoignage de l’auteur, dans lequel il confie ses sentiments et ses impressions mais aussi quelques histoires de certains de ses patients, rendus anonymes, bien entendu.
Avec la torture, jusqu’ici nous restions dans les généralités et l’abstraction. On entendait parler de la torture dans certains pays pauvres. Mais l’on n’en débattait pas. C’était un sujet qui demeurait et demeure encore tabou. Aujourd’hui grâce à la parole de nombreux suppliciés, le docteur Dutertre fait entrer le lecteur dans cet univers caché où le mal semble travailler à notre insu.
Le tortionnaire est dans la toute-puissance et la bonne conscience. Il agit avec l’appui de l’autorité et se présente comme le représentant de la loi, une loi qui bafoue ses propres bases, en légalisant implicitement et même explicitement la torture.
La torture… des tortionnaires militants ou des exécutants dévoués… « Dans d’autres pays, un pneu est déposé autour du coup de la victime et parfois plusieurs autres viennent entourer son corps. Un tortionnaire y met le feu et le supplicié, hurlant à la mort, essaie vainement de se dégager. Horrifiés ou parfois exaltés, les passants assistent, malgré eux, à une pièce de théâtre improvisée et morbide, les uns s’identifiant à la victime, les autres se plaçant du côté du tortionnaire.
Un jeune homme, encore enfant, raconte l’odieux spectacle auquel il a assisté. Des tortionnaires croisent une femme enceinte et s’enquièrent du sexe de l’enfant à naître. Elle est incapable de répondre.  Alorsils lui assurent qu’ils peuvent l’aider bien qu’ils n’aient pas d’échographie et, là-dessus, ils lui ouvrent le ventre, à grands coups de machette…
Le comble de la perversité, dans cette confusion de responsabilités, consiste à torturer en ne faisant rien. Une femme à été arrêtée en même temps que trois autres. Les trois ont été violées, mais elle a été épargnée ; les tortionnaires lui ont dit qu’elle était trop moche. Comment pourrait-elle attirer un homme puisque les violeurs eux même l’ont dédaignée ? Sa vie est un tourment. Bien plus, à l’audience de l’OFPRA, pour obtenir le statut de réfugié, elle répond  « non » lorsqu’on lui demande si elle à été torturée ? Elle donnera la même réponse à la commission des recours, se condamnant elle-même au refus du statut… »
La torture… gangrène des démocraties et torture autorisée implicitement par le gouvernement… Une parole sans sujet. Dans certains cas, l’autorité cherche le renseignement qui devrait sauver de multiples vies et préserver la « bonne santé de la communauté ». Mais en extorquant l’aveu désiré, elle prive la parole du  sujet qui devrait  la porter et invalide son authenticité. Le plus souvent, la parole dénonciatrice viendra de ceux qui désertent volontairement leur camp,  pour des raisons bonnes ou mauvaises qui leur appartiennent…
« Sept femmes furent arrêtées et furent mises en détention. Un jour, un choix épouvantable leur fut proposé : « Ou on vous viole ou on vous tue » deux refusèrent la première alternative et furent immédiatement assassinées. Les autres furent violées et eurent la vie sauve. Les militaires avaient mis la patiente devant un choix impossible : la mort physique ou psychique ; à sa sortie de prison, elle ne put rejeter le viol sur le violeur puisqu’elle était à son avis « consentante ». Il faudra l’appui du psychothérapeute pour lui ouvrir les yeux… (Cette exemple situe une période de la guerre où étaient recrutés des enfants soldats, représentants l’innocence et donc déroutant ennemi)… »
Cet ouvrage nous révèle l’envers du décor : au nom de la loi, dans toutes les parties du monde, sous les régimes tyranniques où règne la terreur comme dans les démocraties elles-mêmes, tout près de chez vous et dans les territoires lointains, des êtres humains sont en train de détruire l’altérité de l’autre pour extorquer la parole qu’ils veulent entendre mais aussi qu’ils veulent taire !
La torture finit par s’attaquer à la beauté. C’est là qu’elle révèle avec le plus de force la perversité de toute sa puissance. Elle s’attaque aux racines de l’être, à l’image elle-même, à tel point que la femme ou l’homme finissent par avoir un profond dégoût pour eux-mêmes… Dans cet univers, la torture pousse la cruauté jusqu’à détruire la filiation à l’intérieur de la famille et la communauté. Il faut, à tout prix, détruire l’espace, qui répartit les places inaliénables de chacun, en apposant le distance entre les générations et entre les filles et les fils de la même fratrie…
Nos interlocuteurs n’ont pas toujours envie d’entendre parler de la torture. Lorsque le sujet entre dans la conversation, il se peut qu’il y ait un grand blanc, un changement de sujet ou au mieux une discussion très succincte et survolée. La torture fait peur parce que, de plus en plus souvent, elle est pratiquée par des gens d’ici et là, des gens de tous les jours. Et c’est contre ce sujet tabou que le docteur Dutertre se bat et sur lequel il nous fait part de son métier.
Un médecin face à la torture… Le docteur Dutertre s’est donné pour mission de soigner ceux dont les souffrances sont le fruit de tortionnaires à l’écoute d’un régime totalitaire, d’un Etat en guerre civile ou autre… Les tortures se pratiquent là où l’autorité est une dictature. Ils reçoivent en leur centre de soins 800 personnes par an. La moyenne d’âge est de 25-30ans. Des ressortissants de 46 pays alors que 150pays sur 198 pratiquent la torture. 80ù de leurs patents sont africains, les autres viennent d’Europe et de l’ex URSS, d’Asie, du Maghreb, des Amériques et du Proche-Orient.  Tous torturés dans des commissariats, des casernes, des prisons ou même chez eux. Quand ils se réfugient en France, ils viennent au centre de soins grâce au bouche à oreille, par le biais de centre d’accueil où sont envoyés par l’Ofra (Office français de protection des réfugiés et apatrides.) IL n’y a pas 10ù d’entre eux qui ont des papiers en règle.
Mais que deviennent ces victimes ? Que leur arrive-t-il une fois confrontés à la vraie vie ? Comment vivent-ils leur trauma ? Ces questions ont bien évidemment plusieurs réponses. Certains, la plupart dans ce livre, peuvent avoir des réactions violentes et incontrôlées face à une scène similaire ou une parole identique à leur vie sous la torture. Réactions violentes  qui se manifestent soit par la parole simplement mais également par des coups et blessures. Stimulation de l’auto-défense.
Un métier dur, réaliste et combien précieux et honorable… « il faut évoquer l’indescriptible ». En effet, c’était un moyen pour lui de montrer l’horreur présente dans beaucoup de pays. Chaque jour il écoute avec soin et sensibilité les témoignages ô combien cauchemardesques de réfugiés.
Plus qu’un témoignage, Terres inhumaines est un ressentiment de plusieurs vies torturées dans le monde d’aujourd’hui que le Docteur Dutertre nous raconte. Ce livre est captivant dans la curiosité qu’il apporte mais aussi dans l’ébahissement. Car comment ne pas ressortir choqué d’histoires de torture, de tortionnaires, de gouvernements voisins totalitaires ? Si l’on est sensible, qu’on a l’imagination et que l’on peut voir, sentir, comprendre à la sensation près ce que l’on lit… Ce livre est à la fois une source de vérité qui hanteront vos nuits. La visée de ce témoignage est de faire prendre conscience de ce qu’est la torture, cette réalité trop souvent tue, et sont l’évocation suscite très généralement une réaction de stupeur.
Compte-rendu lecture
Terres inhumaines, un médecin face à la torture.
(Pierre Dutertre, JC Lattès – 2007)
Natacha Bordes